Les carnets du Népal
Carnet de Voyage Novembre 2019

Lors de mes quelques jours passés à Katmandou, je suis allée découvrir l’un des sites les plus sacré de la religion hindoue, le temple de Pashupatinath.

Le temple en lui même n’est accessible qu’aux hindoues, les touristes, comme moi, peuvent espérer voir le toit et apercevoir les fesses du taureau (monture du Dieu Shiva) au centre de la cour mais pas plus. Dédié à Pashupati, incarnation du dieu Shiva (d’où le taureau…), il est situé sur les berges de la rivière Bagmati, il est entouré de dizaines d’autres temples et sanctuaires. Cette partie est accessible aux touristes. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, cet ensemble est un incontournable.

Mais l’aura de cet endroit va au delà du temple et de son architecture.

Ici, sur les rives de la rivière Bagmati, se déroule les rites sacrés de crémation.

Ce lieu m’a touché, je vais donc vous en parler avec le coeur, sans trop me relire…

Je suis arrivée seule au temple. Nous savions que des rituels se déroulaient tout au long de la journée, et Jerome ne souhaitait pas y prendre part. J’ai donc découvert, un peu impressionnée, un peu intimidée, ce lieu somptueux où la mort côtoie la vie.

A petit pas, un peu perdue, je suis allée de droite, de gauche, sans trop savoir où me rendre. Avec la peur, je dois l’avouer, de tomber sur un cadavre à un coin de temple… Si le lieu est touristique, si les guide sont présent, nous sommes loin de Notre Dame de Paris ou de la loooooongue queue devant le Vatican… Ici, on marche pieds nus et on découvre pas à pas, on côtoie les locaux, les croyants et bien plus encore.

J’ai continué ma découverte, en prenant un peu d’assurance, je savais ce que je faisais là, c’était un jour particulier pour moi, l’anniversaire de mon papa parti en 2012, si cela peut paraitre glauque, j’avais besoin de me recueillir, et peut-être un peu de partager ma tristesse avec d’autre, de ce qui comprenait.

J’ai découvert un lieu magnifique, au bord de la rivière, des sanctuaires abandonnés, des pierres sculptées, des fresques. Empreint de vie, des sadhus, des croyants, des touristes, et des vaches se croisent. Il flotte ici, un fond sonore calme et serein. Pas de silence, mais pas de bruit.

Il suffit d’atteindre l’autre rive pour devenir le témoin du départ de ces âmes vers une autre vie. En passant ce pont, en découvrant ces attroupements fixant l’autre rive, je savais où j’allais.

Dans l’hindouisme, la mort fait partie intégrante de la vie, l’âme étant immortelle, le rite de crémation permet au défunt de se séparer de son enveloppe corporelle et d’accéder soit à une autre enveloppe, soit à un niveau vibratoire plus élevé. Tout dépends de son karma.

Je me suis donc installée en hauteur, silencieuse. J’ai observé les rituels, en tentant de comprendre avec ce que j’avais lu ce qui se passait. J’avais peur de me sentir intrusive, qui irait à l’enterrement de quelqu’un qu’il ne connait pas ?

Mais non, ce n’est pas ce qui s’est passé. Le site est ouvert à tous, et les rituels sont calmes, sereins. L’atmosphère est lourd mais paisible, on peut presque palper les émotions, et on ressent réellement la spiritualité du lieu, des gens, du moment. Ajouter à cela, le lieu superbe. Et j’ai eu le sentiment de vivre un moment mystique.

Bien entendu, je ne suis pas ressortie du site sautillante, le sourire aux lèvres, en chantonnant. Mais en ce jour particulier pour moi, avec toute la signification du moment et du lieu, j’ai terminé ma visite sereine et un peu plus légère. Pouvoir s’imprégner de la culture d’un pays et d’une religion, de façon aussi authentique est une chance. Rien à Pashupatinah n’est fait pour satisfaire le visiteur, rien n’est fait pour le spectacle. C’est un lieu unique et authentique, ouvert à tous. Et rien que pour cette raison, dans un monde où l’on doit chercher pour trouver l’authenticité, cet endroit est incontournable.

photo by Luca Galuzzi

Pashupatinah en pratique

S’y rendre :
Le temple se situe au nord de Katmandou, dans la ville mais peu éloigné du centre. Nous avons donc loué un scooter pour la journée. Ce qui nous a permis aussi d’aller arpenter les rues de la ville autrement et d’aller jusqu’à la grande Stupa aussi.
Prix du scooter à la journée : 1000 roupies (7,5€)
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Vous pouvez aussi prendre le bus mais il est assez difficile de s’y retrouver, la seule solution est de demander aux locaux.

Sur place :
Il est indiqué plusieurs endroits pour y entrer sans payer sur maps.me, cependant, j’ai constaté que la majorité des entrées sont surveillés, vous pouvez tenter d’entrer sans payer le prix mais je ne pense pas que ce soit encore possible.
Prix de l’entrée sur le site est de 1000 roupies (7,5€) par personne.