Carnet de Birmanie
Carnet de voyage Fevrier 2020

Nous arrivions donc après une journée de jeune post-indigestion et une nuit de bus dans la ville de Kalaw. Point de départ du trek pour rejoindre le lac Inle.
Au vu de notre état, nous avons choisi de nous reposer et d’attendre d’aller mieux pour partir. Une fois de nouveau sur pieds (plus ou moins…), nous avons fait le tour des agences pour nous dégoter l’itinéraire qui nous plairait le plus. Trois jours dans les terres birmanes, à traverser des champs d’épices, dormir dans un village dans une maison en tek traditionnel, manger local, des avocats, matin, midi et soir, des noodles aussi !

Puis une seconde nuit dans un monastère bouddhiste, sur des futons, les toilettes au fond du jardin, une auge en pierre et une coupelle en guise de douche. Un guide anglophone, et une équipe de 6 Français et 3 enfants pour nous accompagner. C’était le programme ! Et terminer rejoindre Nyang Shwe en pirogue sur le lac Inle. On retrouverait là, ce qui nous plait tant en voyage : nature, partage, dépassement de soi.

Le dépassement de soi…

Le début du periple

À 9 h tapante, nous étions donc prêt, nos sacs sur le dos, appareil photo chargé et bouteille d’eau remplie pour attaquer la randonnée. Nous rencontrons notre équipe et notre guide, Cindy, une jeune Birmane, étudiante en droit, qui se sent mieux lorsqu’elle marche que lorsqu’elle reste chez elle. Une femme douce, gentille, au petit soin et pleine de ressource.
Nous passerons cette première journée de marche à discuter et faire connaissance, à s’émerveiller des paysages. Nous découvrons les premières plantations d’épices, de piment notamment, personne n’osera y goûter… Lucas par contre, membre de la famille T’as vu ça le monde , aura eu la bonne idée de jouer à décortiquer avec les graines du piment. Puis il s’est frotté les yeux… Un conseil : ne tentez pas l’expérience ! Le petit hurlait, et on a compati ! 

Après une session, sérum physiologique, pleur et câlin, nous reprenons la marche. Les points de vues sont magnifiques, et on apprend énormément de chose grâce à Cindy, la vie des différentes ethnies qui vivent dans ces villages, les coutumes, on goûte des fruits, on rencontre les buffles d’eau. Qui doivent se baigner une fois par jour pour être en bonne santé, un peu comme les éléphants, cela leur permet de se débarrasser des parasites.


Nous sommes au cœur des terres ocres Birmanes, entre montagnes et plantations d’épices, comme nous l’imaginions, le bonheur du voyage refait surface.



Après 20 km de marche, en 8 h environ, nous arrivons avec notre troupe, déjà bien soudée, au village où nous passerons la nuit. Notre hôte et sa femme vivent ici depuis toujours, elle, travaille dans les plantations, lui ne peut plus suite à une blessure, ils accueillent donc les touristes comme nous qui randonnons jusqu’à son village, son métier à présent est de nous loger et nous nourrir.

Et nous sommes bien nourris ! La cuisine, est au milieu de la pièce, le feu crépite sur un carré de cendres posé à même le sol, en bambou. Quand nous arrivons pour le dîner, il y a au moins 6 ou 7 plats différents avec du riz.  Après une douche sommaire, au milieu du village, une coupelle, un mur et une auge pour l’eau, nous nous retrouvons pour le dîner. Moi, je suis comme une enfant, après 2-3 jours d’une diet au riz-cumin et un jeûne, j’ai hâte de goûter à l’avocat et autre plats concoctés par notre hôte !

La troupe prends place, et nous rions, nous discutons, certains mange plus que d’autre… (on comprendras plus tard pourquoi !) On boit du thé, on refait le monde. Puis il est temps de se coucher… à 20h ! Oui, oui, 20h comme des bébés… Tous dans la grande pièce qui nous servira de chambre commune. C’est convivial, la Birmanie commence à nous séduire.

Le lendemain matin, nous nous réveillons, 6h30, la nuit a été courte. Nous n’avons pas eu froid, mais tout le monde n’a pas été en forme, y compris Jérôme, l’indigestion est de retour.

On continu… ou pas !

Pour cette seconde journée, il est prévu que nous marchions durant 7 h, sous un soleil de plombs, car sur cette portion où aucun arbre ne nous couvre du soleil. La marche devrait être moins rude en terme de dénivelé et nous avons la promesse d’un rafraîchissement à la fin, nous irons nous baigner à la rivière avant d’arriver au monastère.

photo by T’as vu ça le monde

Chacun marche à son rythme, Cindy ne presse personne. Au bout de quelques kilomètres, après avoir marché avec Mylène et la petite Julia, 3 ans, maligne et charmeuse, je rejoins Jérôme. Et on ne peut que constater qu’il n’est pas en forme. Vraiment pas. Et il n’est pas le seul… Deux autres sont un peu chamalou. On aura donc parcouru 6 km avant de demander à Cindy s’il est possible d’aller au monastère en taxi. Impossible d’imaginer faire encore 16 km comme ça pour les malades. J’accompagne Jérôme.

Et ce sera notre dernier jour de marche du trek. Car la tourista me rattrapera, moi aussi, la nuit suivante au monastère. Je vous passe les détails de la joie d’être malade, dans un endroit sans confort, avec des toilettes au milieu de nulle part, que l’on atteint en traversant un monastère remplit d’une vingtaine de randonneurs… (tous les groupes de l’agence se retrouvait eu même endroit pour cette nuit-là…). Je peux juste vous dire que je me suis trouvée un tronc d’arbre confortable où m’assoir entre deux aller-retour aux toilettes pour éviter d’avoir à parcourir le monastère toutes les 10 min. Charmant n’est-ce pas? Tronc d’arbre dans le noir complet, l’avantage dans tous ça : le ciel était dégagé, j’ai vu, une nuit étoilée comme je n’en avais pas vu depuis très longtemps !

Pour le dernier jour, nous avons donc été tout les deux rapatriés jusqu’au village de départ de la pirogue. On nous a installé un matelas derrière un pick-up, avec oreiller, le grand confort ! Les Birmans ont peut-être des bactéries dans leur eau, mais ils ont surtout la gentillesse dans le coeur ! Nous sommes donc parti à bord de notre taxi-lit en direction du village, je me suis même endormie, sur des pistes, pleine de poussière… C’est vous dire à quel point, j’étais au bout… Sur la route, nous avons récupéré un randonneur d’un autre groupe, lui a tenté le destin, il a fini comme nous, à l’arrière du pick-up !

Nous avons retrouvé notre équipe au village et après un bon repas, pour eux, et un coca pour moi. Nous sommes tous monté à bord de notre embarcation, pour filer vers le village de Nyang Shwe, point d’arrivée de notre dernière étape en pirogue. Nous n’étions toujours pas en forme. Mais notre groupe était top, tout le monde était aux petits soins, on a ri, avec notre famille de baroudeurs, les copines infirmières, le couple de Toulousains, nous étions bien entourés.

Après avoir traversé des jardins flottants et leurs maisons en bambous, puis le lac Inle, immense, mais peu profonds (4 m), vu les pêcheurs avec leurs filets traditionnels, nous arrivons à l’embarcadère, un peu secoué par les vibrations du moteurs. C’est le moment de se dire au revoir, nous nous retrouverons dans les prochains jours, enfin, on essaiera ! Quant à nous, nous trouvons la force de rejoindre notre hôtel à pieds, pour ensuite espérer trouver un médecin ou un hôpital pour soigner cette fichue tourista, un dimanche…

La suite au prochain article !