Carnet de Birmanie
Carnet de voyage Fevrier 2020

La majorité des voyageurs restent quelques jours au lac Inle, deux trois jours. C’est une étape à l’arrivée du trek plus qu’autre chose. On reste 2 – 3 jours, on se remet, on passe une journée sur le lac en bateau et on repart. Mais nous, nous sommes arrivé dans un « contexte ». Nous etions malade, une semaine après la nuit à Hpa-An où la tourista a frappé, ce n’était pas passé. Il fallait donc consulter un médecin.

Le problème étant : nous sommes arrivé un dimanche, et le dimanche pas de docteur. Nous sommes donc allé à l’hôpital, avec nos dernières forces, mais là, surprise, pas de médecin non plus. À part une urgence, on ne le dérangera pas pour ça… Clairement épuisé, on rentre donc à notre hôtel, il fallait attendre le lendemain…

Dès le lendemain matin, nous avons demandé à nos hôtes où consulter un médecin, nous avons finit dans une « clinique », entendait par là, un médecin derrière un rideau avec une pharmacie intégrée. (on est loin du concept de clinique en France !^^)

Nous avons très vite été pris en charge par le médecin, qui parlait un peu l’anglais, assez pour nous mettre sous antibiotique immédiatement. Jérôme allait un peu mieux, tant qu’il ne mangeait pas, ça allait. Moi, j’avais des vertiges et j’étais clairement déshydrathée (genre, je ressemblais à un croco !), ma tension était faible aussi. Nous avons donc écopé de 5 jours d’antibiotiques plus un cocktail de médicaments anti-… tout en fait ^^. Nous avons aussi eu des sachets réhydratants… Je ne sais pas si vous connaissez, mais c’est une mixture à ajouter dans l’eau qui lui donne un goût infâme ! Mais bon, les médicaments ce n’est pas bon hein !

Nous avons donc décidé de rester à Inle jusqu’à la fin de notre traitement, histoire d’être certains d’être remis avant de repartir sur les routes. C’est ainsi que nous avons passé une semaine au Lac Inle. Et sans regret. Bien sûr les 3 premiers jours, on a rien fait ou presque. Il fallait se soigner et se reposer. 

Après ces quelques jours de repos forcé, dans un hôtel confort avec des hôtes très gentils. Nous avons donc repris les activités.

À Inle, à vélo.

Nous avons d’abord loué des vélos, pour faire une balade autour du lac, le but était de faire une rive à vélo, traverser en pirogue, puis terminer notre périple sur l’autre rive. Et si possible aller visiter le vignoble situé sur une des buttes du lac au coucher du soleil.

Et c’est ce que nous avons fait ! Je ne dirais pas que c’était la meilleure des idées après un épisode de maladie. C’était tout de même physique, 30 km de vélo, après une semaine et demi de tourista… Mais nous avons passé un superbe moment. Nous avons rencontré un couple de jeunes Français qui voyage eux aussi en Asie, et nous avons fini la journée ensemble. Les belles rencontres en terre Birmane …

Nous sommes allés, comme prévue, au vignoble, nous avons goûté au vin, un verre, malgré l’interdiction d’alcool par le docteur. Je ne vous dirais pas que c’était une révélation, il piquait la langue. Mais pour le savoir, il fallait tenter, n’est-ce pas ?


À vélo, on profite de la vie locale, on rencontre les habitants, on les voit dans leur quotidien, on admire les paysages, à son propre rythme. Les arbres oranges, les monastères, les pagodes sur des points de vue, le lac immense.


Je ne peux pas vous raconter notre sejour à Inle sans vous parler d’Eminem… Intriguant, n’est-ce pas? Alors…
La journée s’est terminée dans un restaurant Indien avec Fouc et Marion. Un restaurant Indien délicieux, où le jeune qui tient les lieux est un grand fan… d’Eminem ! Le mec vous rappe votre commande ! C’est un personnage, et manger Indien entouré d’affiche d’Eminem sous fond de ces plus grands sons, mémorable !

A Inle, en pirogue.

Notre seconde activité aura été de faire une balade, de quelques heures, en pirogue sur le lac pour aller découvrir la culture locale. Il est possible de partir à la journée, mais dans ce cas, on est souvent baladé de place en place sans vraiment choisir ce que l’on préfère.

Nous voulions éviter certaines activités, comme les « femmes girafes ». Les femmes de l’ethnie Kayan sont appelées comme ça, à cause des colliers en laitons qu’elles possèdent autour du cou dès le plus jeune âge et qui leurs allonge le cou. C’est traditionnel, un signe de beauté… Mais, bon « femme girafe », rien que le nom me donne la nausée… De plus, cette ethnie, pauvre, est exploitée pour l’attractivité touristique qu’elles représente… Les zoos humains, non merci. (déjà que je refuse d’aller dans des zoos « classiques ».).

Nous avons donc décidé d’aller voir les jardins flottants de Kela, les villages avec maisons sur pilotis, une fabrique de soie et de lotus et le coucher du soleil. Hormis la fabrique de soie et de lotus, qui même si la visite a été intéressante, reste une attraction « attrape touriste ». Pour le reste, il s’agissait de découvrir la vie des locaux.

Les jardins flottants sont totalement créés par l’homme sur le lac. De grandes lignées où les pirogues peuvent passer entre chaque parcelle pour la récolte. Les habitants créent ces jardins en fixant de grandes tiges de bambou dans le sol du lac, profond de 4m environ, puis ils y déposent des sédiments et de la terre pour créer un support qui servira à planter des légumes, essentiellement des tomates.

Sur le lac, on peut aussi observer les pêcheurs. Sur leurs pirogues, ils pagaient avec les pieds ! La rame, unique, est coincée entre le mollet et le pied, ils se placent à l’avant de l’embarcation et la manœuvre ainsi. Grâce à cela, ils ont les mains libres pour manier le filet !
Ces pêcheurs sont eux aussi devenus une attraction à eux seuls, nous avons évité les faux pécheurs, qui posent juste pour les touristes, et vont jusqu’à faire des cabrioles ! Mais on a pu passer, à bonne distance, des vrais pêcheurs qui utilisent cette technique pour subsister.

Enfin, le village de Kula est superbe. Ici, on accède à tout en pirogue, restaurant, maison, temple. La livraison de légumes se fait aussi en pirogue, en porte à porte. C’est une vie sur l’eau qui se déroule devant nous.

Nous avons fini la journée dans un restaurant français, dégoté par hasard ! Et après plusieurs jours de diet et de vomito, on s’est fait plaisir ! Chez Jimmy, à The Jungle : Vin français, camembert rôti, hachis Parmentier… Nous y sommes retourné trois fois durant notre séjour. Pour la nourriture et l’accueil ! (On parle souvent de bouffe ici… Mais on est des gourmands, en voyage, ça n’a pas changé…)

À Inle, en scooter.

Pour notre dernière activité dans la région d’Inle, nous avons décidé de rejoindre les pagodes de Nyaung Ohak et la Shwe In Dein Pagoda.
À 30 km de là, se dresse plus d’un milliers de pagodes réunies sur un même site et datant du XVIIe siècle.

L’un de nos meilleurs souvenirs du séjour. Surement aussi pour le périple, nous avons fait nos 60 km aller retour, avec un scooter Mickey loué dans un restaurant à coté de notre hôtel. On pense même qu’il s’agissait de celui de la mamie !

Notre destrier n’étant pas très vif, nous avons dû nous arrêter plusieurs fois pour le pousser dans les montées. La route principale étant plusieurs fois coupée pour des raisons de travaux, nous avons aussi parcouru avec lui des sentiers de terres battus, parfois même accompagné par des hordes de jeunes en scooter, allant bien sur, plus vite que nous !

Le lieu était très serein et calme, peu de touriste, et de quoi déambuler un bon moment au milieu de ces stupas. Certaines sont rénovées, d’autres en ruine. Blanc, or, brique, gris, toutes les couleurs s’y côtoient. Le lieu est aussi très très photogénique. De quoi me faire plaisir, et reconnaître que le mal de fesses dû au scooty Mickey valait la peine !

Nous avons donc profité du village de Nyang Shwe et ces alentours calmement et c’était une belle surprise.

Après ces cinq mois de voyage, on a aussi appris à ralentir. Depuis le début, le Népal surtout, on a bien compris ce qui nous plaisait ou pas. Nous aimons clairement passer du temps dans les endroits que nous visitons, quitte à devoir rayonner ensuite. C’est ainsi que nous aimons voyager, sans se forcer, sans s’obliger, sans « trop » courir. En passant plus de 4 jours dans un même endroit, nous nouons des liens, nous testons plus de choses, nous apprenons davantage sur la vie locale. C’est aussi l’avantage du voyage par rapport aux vacances, rien ne nous presse !

Découvrir un pays, n’est pas synonyme de faire tous les endroits incontournables cités par les guides et Instagram. Déjà, nous n’aimons pas les grandes villes, ce qui réduit pas mal les visites, c’est d’ailleurs comme ça que nous n’avons rien vu de Bangkok ! Certains penseront que nous avons raté quelque chose, moi, je pense que j’ai gagné du temps sur l’île de koh Tao juste avant !

Bref, revenons à la Birmanie. Après cette semaine de repos et de visite, nous reprenons la route, avec un nouveau bus de nuit direction la très connue ville de Bagan, un incontournable justement…

La suite au prochain article